Les Litanies de Sang

Changelin


sluagh

[Changelin, Version Française, éditions Ludis 1996]

 

     Perfides et impies, ce sont les marginaux du monde féerique, les dépossédés sans nom dont les antres criblent les profondeurs de la terre. Les Bonnets Rouges eux-mêmes les craignent, et pour cause: les Bansidhs (Sluaghs dans la version originale), même Seelies, tiennent à leurs secrets et ne voient pas d'un très bon oeil l'arrivée d'un étranger. Ceux qui pénètrent dans leur domaine repartent en proie à de terribles cauchemars.

     Les Bansidhs apprécient tout particulièrement la réaction qu'ils provoquent, il émane une forme de pouvoir et d'humour sinistre du dégoût engendré chez l'autre, et ce bien qu'ils soient polis au point que cela en devienne dérangeant. Les Boggans prétendent que les Bansidhs se livreraient, dans les profondeurs de la terre, à des rituels obscurs et des carnages d'une extrême sauvagerie. Cela est une des raisons pour lesquelles les Changelins habitant à la surface les appellent "peuple d'en bas" et ne parlent d'eux qu'à voix basse. Des légendes racontent qu'ils seraient originaires de Russie et étaient ces fées qui vivaient sous les montagnes ou dans l'âtre des cheminées mortelles. Ils vivent aujourd'hui à l'abri des regards, cachés sous la terre, et ne sortent que pour rendre visite à leurs cousins.

     Il arrive parfois que les Bansidhs se déplacent jusqu'aux cours de la surface, cultivent quelques amitiés et prennent même des engagements avec des étrangers. Ceci ne fait que rajouter à la confusion qui règne déjà chez ceux du monde extérieur, ce qui pourrait très bien être le but effectivement recherché par les Bansidhs.

     À l'image des Boggans, le peuple d'en bas collectionne les secrets compromettants et les revend parfois aux parties intéressées. S'il est vrai que certains Bansidhs cherchent à employer leur savoir à des fins honorables, beaucoup vivent grâce au chantage. Les secrets ne constituent cependant pas leur seule et unique monnaie d'échange; les jouets cassés, les bibelots étranges et les objets souvenirs sont couramment échangés parmi le peuple d'en bas. La valeur qu'ils accordent à ces choses laissent perplexes les étrangers, mais ces derniers sont déjà convaincus que la perversité est l'apanage des Bansidhs.

     Bien que les Bansidhs aient la réputation d'obéir à la Cour Unseelie, ceux-ci ne dépendent que rarement de l'une ou l'autre des cours et ne préfèrent compter que sur eux-mêmes. Entre eux, les Bansidhs sont généreux et affreusement formels, ils ont un profond respect les uns envers les autres et font bloc face à des étrangers dès que le besoin s'en fait sentir. Cette unité fait que les intrus sont rares: un individu indiscret sera traqué, poursuivi par des voix et des ombres qui se promènent à la limite de son champ de vision, et sera aspergé de projectiles... Si cela ne suffit pas, l'importun tombera finalement dans une embuscade.

     Les Bansidhs murmurent et sont incapables de parler plus fort. Les interactions sociales les irritent au plus haut point lorsqu'ils sont forcés d'y participer (bien qu'ils soient supposés accomplir des rites macabres au coeur de leurs retraites). Comme beaucoup de fées, les Bansidhs possèdent un certain esprit de contradiction. Un ordre quelconque risque fort d'être ignoré ou déformé sans qu'il n'y soit question de pure malice. Malgré leur réputation, la majorité des Bansidhs ne sont ni malveillants ni stupides, et aussi étranges qu'ils puissent être, ils vont souvent à l'extérieur pour aider ou protéger un étranger qui leur a montré de la sympathie. Hélas, ces bonnes actions sont souvent mal interprétées par des Changelins suspicieux, aussi de telles relations sont-elles généralement écourtées.

     Pour les Bansidhs, la révélation est joie: plus troublante est celle-ci, plus grand est le plaisir. Ils se servent des autres Changelins comme des cobayes, ils jouent avec leurs espoirs et étudient leurs relations. Peut-être n'est-ce que de la curiosité, mais un tel voyeurisme s'apparente plutôt à une forme de revanche à l'égard de ceux qui prennent des airs supérieurs. Les Bansidhs ne font que remuer la boue dans laquelle tous se vautrent, mais savent que le succès reste après la plus douce des vengeances.


apparence

     Le peuple d'en bas est pâle et grotesque, et pourtant étrangement attirant. Une difformité indéfinissable semble coller à eux telle la lèpre. Si leur aspect mortel fait parfois preuve d'un pouvoir de séduction morbide, leur facette féerique est plutôt repoussante. Ils sont dénués de dents et ont de petits yeux las et mystérieux. Quelle que soit leur apparence, ils dégagent une vague odeur de pourriture. Les Bansidhs ont un goût marqué pour les vêtements archaïques, généralement noirs et complexes.


aspect

Les Gamins semblent être sans cesse trempés jusqu'aux os. Capricieux, les yeux fous et disgracieux, ce sont de véritables galopins hantant les rues.

Les Vauriens sont des farceurs et le gardien des lieux secrets. Un peu plus petits que la plupart des humains, ils arborent des yeux sombres renfoncés, ainsi que des membres, des doigts et des orteils rallongés.

Les Grincheux ont une peau parcheminée qui se met à peler de plus en plus avec l'âge. Leur chevelure se parsème de mèches grises, leur corps se voûte et se tord.


style de vie

-

affinites

Accessoires

heritages

Contorsions: en déboîtant ses articulations et en se tortillant, un Bansidh peut s'échapper de ses liens ou d'une prison. Bien qu'ils ne puissent pas altérer leur forme ou leur masse, ils parviennent à se contorsionner de manière inquiétante et avec une facilité surnaturelle. Pour ce faire, ils doivent réussir un jet de dextérité+sports contre une difficulté variant de 6 (pour se défaire de cordes) à 10 (s'il s'agit de s'évader d'une cellule munie de barreaux). Une telle action requiert généralement quelques tours de jeu. Les liens ou barreaux de fer froid ne permettent pas l'usage de cette faculté.

Sens Affûtés: la difficulté de tous les jets de dés basés sur la perception est réduite de deux (jusqu'à concurrence d'un minimum de 3). Cela leur permet de voir au travers les illusions d'origine magique, il suffit pour cela de réussir un jet de perception + vigilance (difficulté 7). Les jets de furtivité ou de vigilance ne peuvent jamais aboutir à un échec critique. L'aspect négatif de cette sensibilité est leur aversion pour la lumière et les sons graves, de telles décharges sensorielles augmentent toutes les difficultés de 2 ou plus.

defauts

Murmure: les Bansidhs ne peuvent pas parler au-delà du murmure, ils sont donc difficiles à entendre ou à comprendre. Ils sont également agoraphobes et n'aiment pas les interactions sociales. Ajoutez 2 à la difficulté de tous les jets sociaux que doit effectuer un Bansidh.


citation

"Bonsoir, intrus. Tu es bien sûr le bienvenu. J'ai le sentiment que tu es là pour une affaire importante, n'est-ce pas?"

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