Les Litanies de Sang

mage

 

La Ville Engloutie
[Dark Ages: Mage (20002)]

 

    Quelque part hors de la côte Européenne (les sources varient, mais de nombreuses suggèrent la mer Méditerrannée) repose une île qui contenait autrefois une vaste cité et une population illuminée. La ville a eu de nombreux noms, mais celui qui est resté immortalisé par les étudiants de la Grèce antique est Atlantis.

    Les vieilles histoires disent que les citoyens de la cité engloutie (largement soutenue par les Hermètiques la situant quelque part dans la mer Egée, bien que d'autres la place au-delà des colonnes d'Hercules, les rochers de Gibraltar) étaient des hommes sages et des étudiants avisés et qu'ils avaient poussé l'étude de la magie vers de nouveaux horizons. Leur cité était fondée sur les principes de l'Artisanat de la Volonté et servait de refuge pour tous ceux capables d'effets magiques. La cité est décrite comme d'une beauté et d'un confort incroyables. Elle surpassait les sept merveilles du monde en magnitude, brillance et beauté. Les faits magiques ordonnés et systématiques firent de la cité un lieu où il faisait bon vivre. Tous les écrits décrivent le vaste temple de l'étrange dieu océanique primordial des Atlantes, à la stature non parallèle (si bizarre), aux énormes piliers de marbre doré et de basalte et aux vastes espaces fermés, comme rien de moins que miraculeux.

    Sur les causes de la chute d'Atlantis, peu de sources ayant survécu s'accordent. Quelques sources clament que le dieu océanique capricieux révéré par les atlantes était, en fait, un puissant titan océanique ou un un démon qui détruisit ses dévots dans un accès de ressentiment ou de malice. D'autres parlent d'un simple tremblement de terre qui enfouit la cité.

    Beaucoup de sources suggèrent que les Atlantes offensèrent leur dieu avec un acte de magie si égoïste qu'il était intolérable.

    Ces chroniques de la tragédie indiquent que les Atlantes devinrent si arrogant avec les pouvoirs qu'ils commandaient qu'ils tentèrent un effet magique anachronique massif d'une magnitude jamais égalée. Leur volonté était focalisée et leurs compétences indéniables, mais la réalité ne peut être reconfigurée si profondément, et leur grande oeuvre ne fit pas qu'échouer, il se retourna contre eux avec des résultats cataclysmiques. La cité de l'île, son architecture exquise, ses jardins étendus et son temple plongèrent sous les vagues. Alors, l'eau submergea et effaça toute trace d'Atlantis de la surface du monde.

    Les mages d'un tel pouvoir et de telles compétences ne meurent pas facilement, évidemment, et une minorité conséquente s'échappa grâce à l'utilisation de leur Art. Ces survivants, incapables de trouver une cité où la connaissance et la magie étaient autant respectés qu'à Atlantis, s'arrêtèrent dans les grandes cités d'alors : Babylone ou Mycènes et leurs semblables, où ils parlèrent aux étudiants et chroniqueurs de l'âge de leur malheur mais passèrent sur leur connaissance des arts magiques, et ce quelque fut le collège qu'ils rencontrèrent. Pendant des siècles, le label "réfugié d'Atlantis" faisait référence à un mage ou à un étudiant exceptionnellement sage, mais avec la chute des grands centres de civilisation et de ce qui amena les Ages Sombres, le terme tomba en désuétude et fut oublié.

    Bannie de la surface, la ville engloutie devint le repaire des poissons, kelpies et de la faune sous-marine. Durant les siècles qui suivirent, comme les courants océaniques lavaient les traces de magie des piliers craqués et des fondations de basalte de l'île, elle s'éleva jusqu'à ce que la majeure partie de la grande cité, et le temple à son coeur, se dresse alors au-dessus des vagues.

    Les ruines montrent des signes visibles du temps passé sous les vagues. L'eau de mer a corrodé ce qui était fait de bronze ou d'autres métaux de cet âge. Ces objets existent seulement, en grande partie, comme de verts et écaillés morceaux de leur forme première, bien que de nombreux contiennent toujours des joyaux qui sont resté intouchés par le temps.

    Des bernaches séchées et des algues parcheminées gâtent le temple énorme de l'étrange dieu primordial de la mer des Atlantes, mais pratiquement toutes les structures de l'île étaient alchimiquement trempées et renforcées par leurs architectes sorciers et ne sont pas facilement destructibles. Une partie de la beauté de la fabuleuse Atlantis est partie, et une autre a été étrangement réhaussée, mais la cité en général reste aussi magnifique et impressionnante que jamais.

    L'intérêt particulier pour ces mages assez fortunés de trouver la cité engloutie est la bibliothèque d'Atlantis. Dans l'enceinte de ses vastes chambres se trouvent des milliers de livres anciens, magiquement immunisés à la poussière et à l'humidité. Pour les habitants des Ages Sombres, une telle vision est sans précédent et plus qu'intimidante. Sans la possibilité de créer plus d'un livre à la fois, le peu de livres qui existent en Europe doivent être recopiés à la main, et seule l'église possède les ressources nécessaires à la manutention des bibliothèques, même les plus modestes. L'existence d'une bibliothèque de cette mesure hors du contrôle de l'Eglise et de son dogme est particulièrement inouï. Qu'une telle bibliothèque soit abordée avec la sagesse païenne de l'antiquité est dérangeant. Les Hermétiques, en particulier, y trouveront des livres d'un intérêt infiniment précieux, tout du moins ceux qui savent lire. De nombreux livres sur ces étagères sont dans des langages que le plus avisé des Hermétiques n'a jamais vu auparavant : cunéiforme, linéaire b, ou peut-être Chinois. Le seul autre problème est qu'il n'y a pas d'ordre compréhensible dans les livres. Quelque soit l'outil ou le système que les Atlantes utilisèrent pour classer leur connaissance, il fut perdu ou détruit et sans cet outil en place, les mages ne peuvent rien faire si ce n'est errer dans les rayonnages, jeter un coup d'oeil tome après tome et chercher des langages qui peuvent apparaître vaguement familier.

    La cité engloutie, ironiquement mal nommée désormais, semble hantée. Quelque chose à propos des ses larges rues, ses statues perturbantes et les cours des temples résonne toujours dans l'âme comme un écho dans une place isolée. La plus grande flèche qui se dresse au-dessus du temple ruiné était autrefois un phare, un vaste esprit-balise puissant créé afin d'avertir les mages de cet âge de l'existence d'une cité où la connaissance et la magie guidaient le peuple. Alimenté par la source d'une énergie magique sous l'île, la balise demeure, diffusant son silence à travers les vastes distances du monde spirituel. Le rayon de la balise frappe n'importe quel artisan de Volonté avec une langueur qui n'a cessé de croître avec le temps. Un mage frappé par le rayon ressentira comme un fort sentiment intense de perte et de tristesse, et tous sauf le plus froid fondront en larmes sans qu'ils puissent l'expliquer. Ceux qui sont ainsi affectés savent seulement qu'il existe un endroit loin des côtes qu'ils veulent désespérément rejoindre.

    A cause de la bibliothèque, le Royaume Astral dans le voisinage de la cité engloutie est inhabituellement occupé pour les Ages Sombres. Les concepts et formules magiques perdus autre part s'attardent dans l'ombre spirituelle Atlantéenne, attendant d'être découverts une fois de plus par des mages capables de les comprendre. Ces mages avec la capacité de parler aux esprits peuvent même être capables de trouver des esprits pouvant traduire quelques-uns des tomes de la vaste bibliothèque de la cité engloutie, bien que l'esprit soit certainement enclin à demander le prix fort pour une telle tâche.

    Il y eu des mages idéalistes qui, menés par la balise de l'île, aspirèrent à créer une colonie de artisans de la Volonté là-bas. De telles tentatives se sont toujours mal finies. L'île, exposée comme elle le fut à d'étranges magies, n'est pas bien ancrée dans le monde physique et elle vacille hors du monde à l'occasion. Certains disent que d'étranges dieux à la tête de poisson de l'esprit profondément enfoui se réclament de l'île lors qu'elle fut sous les eaux. Dans ses écrits sur Atlantis, Platon la décrivait comme une cité-temple dédié à Poséidon, mais l'énorme statue de la déité à tête de céphalopode qui s'élève désormais dans le temple n'a de ressemblance avec aucun des dieux de la mer que les humains (les sains toutefois) aient pu vénérer.

    Les mages qui ont trop longuement séjourné dans la Cité Engloutie ont parlé de hordes d'hommes-poissons épineux et écailleux, avec des lèvres poissonneux et des yeux bulbeux, qui ont essaimé hors de l'eau et attaqué (et, dans de nombreux cas, dévoré) ceux qui restent plus d'un jour ou deux sur l'île maudite.

    En dehors d'Atlantis, deux civilisations "ilôtières" de plus peuvent exister. Les îles appelées Mu et Lemurie sont mentionnées dans des parchemins préservés de la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie, mais dans les deux cas, la tâche de séparer les faits du mythe a été au-delà de ce que n'importe quel mage a pu imaginer.

 

 

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