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Le Palais de l'Elysée
Au
début du XVIIIème siècle, l'actuel Faubourg Saint-Honoré
n'était qu'une plaine traversée de pâturages, de cultures
maraîchères, et de quelques chaumières.
En 1722, l'architecte Mollet édifie pour le
Comte d'Evreux un hôtel, entre cour et jardin , formant le point de
départ du plan d'urbanisme du Faubourg Saint-Honoré.
A sa mort en 1753, le Comte d'Evreux laissera cet
hôtel admiré de tous ses contemporains. La Marquise de Pompadour,
soucieuse d'acquérir une demeure parisienne, l'achète.
Quand Louis XV en hérite, il l'affecte d'abord
aux Ambassadeurs Extraordinaires séjournant à Paris. Les 'Ports
de France" de Joseph Vernet, commandés par Louis XV, y sont montrés
au public.
L'hôtel est vendu en 1773 au financier Nicolas
Beaujon. Il a recourt à l'architecte Boullée pour les décors.
Légué en 1786 à Louis XVI, et
occupé par les Ambassadeurs Extraordinaires à Paris, il est
revendu en 1787 à la duchesse de Bourbon.
Pendant la Révolution, l'hôtel connaît
plusieurs affectations. Il prend le nom d'Elysée quand la duchesse
le loue puis le vend au négociant d'Howyn pour y organiser des fêtes
et des bals.
En 1805, le Prince Murat l'achète. Il fait
construire l'escalier d'honneur et la salle de bal devenue le salon Murat.
En 1808, l'hôtel est cédé à
l'Empereur Napoléon et prend le nom d'Elysée-Napoléon.
Il y réside jusqu'à son départ pour la campagne d'Autriche.
Son abdication est signée dans le Boudoir d'Argent.
En 1816, l'Elysée entre définitivement
dans les biens de la Couronne et Louis XVIII l'attribue à son neveu,
le duc de Berry.
En 1820, Louis-Philippe le destine à la résidence
des hôtes étrangers invités par la France jusqu'en 1848.
Le 12 décembre 1848, l'Assemblée nationale assigne l'Elysée
National à la résidence du Président de la République.
Louis-Napoléon s'y installe et en 1853 décide
de sa rénovation complète, qu'il confie à l'architecte
Lacroix.
L'essentiel de la distribution actuelle du Palais
provient de cette époque.
Le maréchal Mac-Mahon s'installe à l'Elysée
en 1874. Le Palais de l'Elysée sera désormais la résidence
officielle de tous les Présidents de la République.
Des aménagements se révèlent
nécessaires. La création de la Salle des Fêtes inaugurée
en 1889, permet ainsi de recevoir les festivités de l'Exposition Universelle.
La 5ème République
conservera 1' Elysée comme Palais présidentiel mais la distribution
des pièces est modifiée :
• Le Salon Doré devient le bureau du Président,
ses principaux collaborateurs s'installent dans l'ancien appartement d'Eugènie.
• La salle du Conseil des Ministres est déplacée
du Salon des Portraits dans un bureau du premier étage pour revenir
au Salon Murat.
• L'aile Est est affectée aux appartements
du Président, privés au premier étage, semi - officiels
au rez de chaussée.
Cette nouvelle distribution, qui correspond à
la division traditionnelle des grandes demeures du XVIIIème siècle,
sera maintenue par les successeurs du Général de Gaulle.
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En 1773, Nicolas Beaujon demande à Boullée de redessiner le jardin de la Marquise de Pompadour, trop régulier et trop plat à son goût. Allées sinueuses et rivière remplacent 1, ordre du jardin à la française.
La Duchesse de Bourbon y aménage un jardin paysager Laiterie, moulin, cascade artificielle, ponts chinois et statues vont rester jusqu' à la Restauration.
Le parc est fermé sous le Second Empire, une grille remplace le muretet le saut de loup qui l'écartaient des Champs Elysées. La Grille du Coq, de Chancel est édifiée au début de la IIIême République.
De nos jours, des bosquets d'arbres et des massifs de fleurs bordent une pelouse incurvée ou bassins et buffet d'eau ont pris place.
Le 14 juillet s’y tient la traditionnelle
« Garden Party » donnée par le Président de la République.
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1 - VISITE DU PALAIS
Après avoir traversé la
Cour d'Honneur, le visiteur arrive dans le Vestibule d' Honneur.
Dans ce vestibule, une échappée vers
le Salon des Tapisseries permet de voir des tapisseries de la célèbre
tenture de Scipion d'après Jules Romains.
Le visiteur longe ensuite l'escalier Murat pour entrer
dans le premier des salons ouverts sur les jardins.
Constituant le Grand Appartement du Comte d'Evreux,
ces salons ont gardé leur vocation de salons de réception et
d'apparat.
Ce cheminement permet d'apercevoir par les portes
- fenêtres des salons, le Jardin du Palais. Du salon des Ambassadeurs,
on aperçoit le grand bassin et la Grille du Coq.
Il se poursuit dans la Salle des Fêtes, traverse
le Jardin d'Hiver et se termine par la Salle à manger Napoléon
III.
2 - VESTIBULE d'HONNEUR
Situé dans l'axe de la Cour d'Honneur
et du jardin, le Vestibule d'Honneur offre l'aspect d'un péristyle
à pilastres doriques.
L'escalier, créé pour Murat en 1806
par les architectes Vignon et Thibauld, a conservé ses rampes formées
de grandes palmes, et d'un tore de feuillage pour la main courante. Lustre,
baromètre et cartel sont de la même époque.
La sculpture d'Arman, drapeaux en marbre blanc et
hampes de bronze doré, intitulée Hommage à la Révolution
française", a été installée en 1984.
C'est dans ce vestibule que selon le Protocole, le
Président de la République accueille les Chefs d'Etats étrangers.
L'escalier MURAT mène au bureau du Président
qui, depuis le début de la V~ République, se situe au premier
étage, au-dessus du Salon des Ambassadeurs.
3 - SALON CLEOPATRE
Depuis le Président Sadi-Carnot,
la tapisserie des Gobelins "Rencontre d'Antoine et de Cléopâtre
à Tarse" d'après Natoire, a pris place dans ce salon, et
lui a donné son nom.
L'essentiel du décor des portes dessiné
par Boullée pour Nicolas Beaujon, trépieds et cassolettes fumantes,
est encore en place.
Le mobilier provenant pour une partie des collections
royales est essentiellement Louis XVI chaises, tables, cartel de Osmond, sculptures
et peintures.
Seul le lustre orné d'une ronde d'amours joufflus
est d'époque Empire. Entre les deux fenêtres, on aperçoit
l'ancien Petit Appartement du Comte d'Evreux, affecté à l'usage
privé du Président de la République.
Salon de passage, le Salon Cléopâtre
mène au premier salon de réception : le Salon des Portraits.
4 - SALON des PORTRAITS
C'est sous le Second Empire, que les
portraits des souverains d'Europe (Pie IX, le roi d'Italie, l'empereur d'Autriche,
le roi de Prusse, le tsar de Russie, la reine d'Angleterre, le roi de Wurtemberg
et la reine d'Espagne) prennent place. Ils succèdent aux portraits
de la famille impériale placés par Murat et aux Muses de Beaujon.
Ce salon conserve l'essentiel des boiseries de Lange,
exécutées pour le comte d'Evreux à partir des dessins
de Hardouin-Mansart.
Un canapé Louis XVI de Boulard complète
les sièges et le paravent de Jacob. La pendule Louis XV en bronze est
sans doute de Morlay. Le tapis de la Savonnerie a été réalisé
d'après un dessin de Saint-Ange, pour le duc d'Angoulème aux
Tuileries.
Ce salon a accueilli le Conseil des Ministres sous
la 3ème République. Il sert aujourd'hui àcertains déjeuners
ou dîners.
5 - SALON POMPADOUR
Ancienne chambre de parade de la Marquise
de Pompadour, ce salon a conservé de son ancienne alcôve colonnes
et pilastres.
La tapisserie "Elie enlevé sur un char
de feu", d'après un carton de Simon Vouet, a été
tissée au XVIIème à Amiens dans l'atelier de Cormans.
Le tapis de la Savonnerie a été réalisé
à l'époque de Louis XV pour Compiègne. La commode estampillée
de Migeon, en bois de violette, porte un buste de femme en marbre blanc d'après
Pigalle.
Les appliques, de Feuchère, identiques à
celles du Salon des Ambassadeurs, proviennent de Saint-Cloud.
Les dessus de porte évoquant des déesses,
datent de Napoléon III. Les sièges de style Louis XV, proviennent
de l'Hôtel de Marigny.
Ce salon peut servir pour les audiences accordées
par le Président aux chefs d'Etat invités.
6 - SALON des AMBASSADEURS
C'est dans ce salon que le Président
de la République reçoit les lettres de créance remises
par les ambassadeurs étrangers en France.
Du XVIIIème siècle, il a gardé
les décors d'inspiration militaire de Hardouin pour le Comte d' Evreux
et les dessus-de-porte de Boullée pour Nicolas Beaujon.
Le tapis de la Savonnerie est le 6ème de la
célèbre série réalisée pour la Grande Galerie
du Louvre en 1670, sur des dessins de Le Brun.
Sur la cheminée, les deux candélabres
Louis XVI, d'après Daguerre, sont identiques à ceux des salons
précédents. Ils encadrent une pendule Directoire à 24
chiffres, qui illustre le mythe de Phaèton, comme celle du salon des
Portraits.
Les sièges sont estampillés ou inspirés
de G. Jacob sauf les deux marquises qui sont de J.B. Boulard. Le lustre, comme
dans tous les salons de réception, sont d'époque Restauration.
7 - SALON des AIDES DE CAMP
Salon des Aides de Camp depuis la Présidence
de Louis-Napoléon Bonaparte, ce salon est actuellement utilisé
pour les déjeuners ou dîners officiels. Pour chaque repas une
table sur tréteaux est montée.
Son décor a conservé l'aspect qu'il
offrait sous le comte d’Evreux boiseries ornées de masques féminins,
trumeaux de glace à trophées, et dessus-de-porte sculptés.
Les peintures des dessus-de-porte "Saisons et
Eléments" ont été réalisées pour Napoléon
III.
Le tapis de la Savonnerie a été tissé
en 1814 pour le Palais des Tuileries sur un dessin de Saint-Ange.
Le mobilier est essentiellement d'époque Louis
XVI : garniture de cheminée, sièges et pendule.
On accède à ce salon à partir
du Salon des Tapisseries, par les deux portes qui encadrent la console.
8 - SALON MURAT
Salle de bal et de réception
pour Murat, ce salon accueille depuis la Présidence Georges Pompidou
le Conseil des Ministres.
Les colonnes corinthiennes et les pilastres à
chapiteaux de bois doré encadraient à l'origine quatre toiles
illustrant quatre fleuves : Tibre, Rhin, Nil et Seine. Seuls subsistent le
Tibre à Rome et le Rhin à Benrath.
Entre les fenêtres, le tableau de Dunouy "La
colonne de la Grande Armée" à la gloire de l'Empereur est
toujours en place, comme les cinq lustres commandés par Murat.
La console, mise en place par la Duchesse de Berry,
est le premier meuble réalisé à la Manufacture de Sèvres
en 1821. Elle supporte une pendule aux décors peints sur porcelaine
de Sèvres, illustrant sur trois côtés les plus célèbres
horloges de Paris.
La table du Conseil des Ministres est dressée.
9 - JARDIN D'HIVER
Construit en 1881 par Debressenne sous
la Présidence de Jules Grévy, le Jardin d'Hiver offrait à
l’origine des plantes vertes exubérantes et des murs recouverts
de treillage.
Il laisse encore apparaître des vestiges de
l'Orangerie du Duc de Berry et la façade latérale de l'Hôtel
d'Evreux.
Le fond est entièrement occupé par une
tapisserie de la tenture des Chambres du Vatican, "Héliodore chassé
du Temple", d'après Raphaêl. Tissée aux Gobelins
entre 1736 et 1738 dans l'atelier d'Audran, cette tapisserie mesure 8,95 m
de long et 4,95 m de haut.
Le Jardin d'Hiver est éclairé par trois
lustres de cristal de la fin du XIXe siècle, identiques à ceux
qui illuminent la Salle des fêtes et la Salle à Manger Napoléon
III.
Constituant un prolongement naturel de la Salle des
Fêtes, il est occupé pour les réceptions officielles.
10 - SALLE des FÊTES
Construite en 1889 et inaugurée
par le Président Sadi-Carnot, cette salle voit après chaque
élection présidentielle, la cérémonie d'installation
du Président de la République.
S'y tiennent également les cérémonies
officielles comme les remises de décorations par le chef de l'Etat,
les Dîners d'Etat ou encore l'Arbre de Noël de l’Elysée.
Les sculptures et les peintures du plafond dont "La
République sauvegarde de la Paix" encadrée de deux allégories
sur l'Art et les Sciences, ont pris place en 1896.
Sept tapisseries des Gobelins tissées au XVIII~
y ont été placées, quatre pièces de la suite de
l"'Histoire d’Esther" d'après De Troy, deux tentures
des 'Mois de Lucas" d'après Lucas De Leyde et, avant le Jardin
d'Hiver, une tapisserie des "Nouvelles portières de Diane"
pour Stanislas Leszczynski.
11 - SALLE A MANGER NAPOLÉON III
Construite par Lacroix en 1860 sur l'emplacement
de l'Orangerie du Duc de Berry, cette salle a été achevée
sous Mac Mahon.
Subsistent dans les angles du plafond les aigles,
emblèmes impériaux du Second Empire, et le monogramme RF entouré
de branches d'olivier et de chêne, les symboles de la République.
Elle s'ouvrait alors sur les jardins par une série
de baies vitrées donnant sur l'actuel Jardin d'Hiver.
Ce salon a conservé son décor d'époque,
fait de colonnes et de pilastres dorés. Les dessus-de-porte, ornés
d'Amours, s'inspirent des boiseries exécutées par Cauvet pour
le Grand Salon, actuel Salon des Ambassadeurs.
Comme la Salle des Fêtes et le Jardin d'Hiver,
la Salle à Manger Napoléon III sert aux diverses réceptions
officielles.



